Ce qui devait arriver, s’est produit. 

J’ai vu, diffusé par quelqu’un d’autre , le même genre d’illustrations que je partage. Je croyais que mes mots clés protégeaient un peu mon style de rendu, mais…non. 

On aurait dit un bout d’une de mes illustrations générées à l’aide de l’IA, 

Je n’ose pas penser à « l’artiste de base » qui sent ses dessins repris ad nauseum. 

Ça me donne le goût de dessiner par moi-même… Sans cette technologie, je pense même à un thème pour une prochaine expo. En fait, je suis à la croisée des chemins. L’année dernière j’ai cousu de petites poupées, vais-je m’y remettre et peut-être même faire des maisons ou des meubles de poupées? 

Est-ce que je vais dessiner à la main? 

Est-ce que je vais continuer cette activité addictive du dessin avec MidJourney? En fait, cela ressemble tellement au monde de l’hypnose… Ce méli mélo de styles et tendances, d’impressions… J’ai parfois l’impression que l’on est rendu là, collectivement, pour réfléchir et prendre une distance de notre petit quotidien. Parfois, je me surprends à percevoir le monde sous cet angle, maintenant, avec moult détails et ornements… Une sorte de flou aussi. Comme si mon habitude de voyager dans les illustrations générés par l’I.A. me faisait littéralement voir mon environnement différemment. Ce n’est pas pour me déplaire. 

Mais très franchement, parfois, je me demande si je ne suis pas au service de cette immense machine qui ne sait pas dessiner seule. Les mains sont grotesques, parfois les visages aussi. Et cette machine se sert de nous tous, les artistes qui la programmons, pour diffuser « son » art, c’est digne d’une science fiction machiavélique, dystopique… 

En tant qu’humaine, et conteuse, comment je devrais me positionner? 

Sûr, que la machine ne perçoit pas toutes les subtilités métaphoriques de ses créations, mais, moi, est-ce que je perds de mes nuances à utiliser autant la technologie? Quelle activité plus manuelle devrais-je privilégier? 

Pour illustrer mon propos, voici une illustration que j’ai terminé en démissionnant de faire les mains du personnage ( elle avait dix doigts à la main droite… et je n’arrivais pas à la redessiner joliment). La position de sa main me confondait. Je commence à grommeler face à cette technologie, mais le dessin m’a permis de réconforter une amie qui traverse un épisode de grippe au pire moment, quand elle pourrait passer les fêtes avec ses enfants et petits-enfants…

Je me sens souvent en dichotomie… Faisant une chose et son contraire… Je continuerai probablement de créer ces iillustraitons, tout en protégeant mes capacités de créer par moi-même… À suivre